Cessez-le-feu entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23/AFC : entre soulagement, prudence et scepticisme à bunyakiri
L’annonce d’un cessez-le-feu conjointement signé entre le gouvernement et les forces rebelles du M23/AFC opérant dans le Nord et Sud Kivu a suscité une vague de réactions contrastées parmi les habitants de Bunyakiri.
Le communiqué, rendu public le 23 avril, annonce un arrêt immédiat des hostilités, pour œuvrer à la conclusion d’une trêve devant permettre l’instauration d’un cessez-le-feu effectif. Mais dans les rues de Bunyakiri, l’annonce est accueillie avec un mélange d’espoir, de méfiance et d’attente prudente.
« On veut bien y croire, mais ce n’est pas la première fois qu’un accord est signé et que les armes reprennent aussitôt », confie un habitant de Bulambika.
D’autres habitants expriment un soulagement sincère, à l’idée de retrouver enfin une vie normale. Depuis le début du conflit, Bunyakiri a vécu au rythme des alertes, des couvre-feux, et de l’insécurité constante.
« Si le cessez-le-feu tient, nos enfants pourront continuer les études avec quiétude, et nous pourrons reconstruire nos maisons sans crainte », espère Idrissa, père de famille.
Mais la prudence reste de mise. Plusieurs jeunes interrogés se disent inquiets d’un « piège politique », craignant que l’accord ne serve qu’à gagner du temps ou à distraire les populations avant de nouvelles attaques.
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont également partagées : certains saluent une « victoire diplomatique », d’autres dénoncent l’absence de justice pour les victimes et demandent que les crimes commis pendant les affrontements ne restent pas impunis.
« C’est bien de parler de paix, mais il faut aussi parler de réparations et de vérité. On ne peut pas faire comme si rien ne s’était passé », écrit un internaute sous un post annonçant l’accord.
Du côté des autorités locales, l’heure est à la mobilisation pour accompagner le processus. Elles ont appelées le peuple congolais, les chefs religieux et les médias à soutenir et diffuser ce message d’espoir et de paix.
Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si cet accord de cessez-le-feu tiendra réellement, ou s’il rejoindra la longue liste des tentatives avortées. En attendant, les habitants de Bunyakiri oscillent entre espoir fragile et méfiance enracinée, dans l’attente de signes concrets de changement.
Rédaction
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