Culture : Baraka Shokororo interpelle sa communauté : « Kusimba mota kumamata »
À travers sa nouvelle chanson intitulée « Kusimba mota kumamata », l’artiste culturel Baraka Shokororo adresse un message fort à sa communauté, en cette période marquée par des tensions politiques et sécuritaires.
Dans ce morceau symbolique, dont le titre signifie en dialecte local : « Pour attraper la grenouille, il faut marcher lentement, sans hésitation, avec prudence ; dans le cas contraire, tu es juste un perdant », l’artiste appelle à la sagesse, à l’unité et à la conscience politique.
Baraka s’interroge : « Sommes-nous dans un nouveau pays ? Avons-nous oublié comment est-il dirigé ? » avant d’insister sur l’importance de comprendre la réalité politique avant de s’engager ou de juger. Il souligne que si chacun poursuivait réellement le bien commun, la guerre actuelle ne diviserait pas autant le peuple. Il déplore les divisions internes et les accusations mutuelles qui affaiblissent la cohésion sociale. Il rappelle que sa communauté n’est pas seule au sein du gouvernement ni dans les mouvements rebelles ; toutes les tribus sont impliquées. Il questionne :
« Pourquoi d’autres n’écrivent-ils pas de lettres d’accusation ? »
Et d’ajouter:
« Que ce soit dans le gouvernement ou dans les groupes rebelles, toutes les tribus sont représentées », rappelle-t-il.
Et pourtant, seules certaines communautés s’accusent entre elles dans des lettres ouvertes, semant davantage de division. 
Baraka Shokororo interpelle sa communauté entière : enseignants, commerçants, médecins, militaires, évangélistes, agents de l’État… tous doivent, selon lui, adopter l’esprit de « kusimba mota kumamata »: avancer avec discernement, sans précipitation ni division, et ramener les fruits de leur engagement au bénéfice de toute la communauté.
« Ce n’est pas le moment des dossiers politiques ni des querelles communautaires », martèle l’artiste, en exhortant les membres de sa tribu à rechercher une vie de bénédictions, de paix et de sécurité. « Si j’ai fait du mal, pardonnons-nous simplement », dit-il, appelant à la fin des critiques et des divisions. Il insiste sur l’importance de la conscience politique et de l’unité, soulignant que les différends diurnes ne devraient pas empêcher les rencontres nocturnes, symbolisant la nécessité de la réconciliation.
À travers « Kusimba mota kumamata », Baraka Shokororo utilise la musique comme un outil de sensibilisation et de promotion de la paix, rejoignant ainsi d’autres artistes congolais qui, face aux conflits, choisissent l’art pour véhiculer des messages d’unité et de résilience.
Simon Wetshi Mihona
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