Bunyakiri : 167 filles unies pour leurs droits lors de la Journée internationale de la fille
La grande salle de la paroisse Yesu Mshindaji à Kando a vibré ce samedi 11 ocrobre 2025 au rythme de la journée internationale de la fille, célébrée dans un esprit de solidarité, de plaidoyer et de détermination. 167 filles, venues de différentes écoles de la zone de santé de Bunyakiri, ont pris part à cette journée marquée par des discours poignants, des danses, des poèmes, des messages de paix et des témoignages forts.
La représentante de filles reporters club des filles reporters Ishara Byaluhu Archangella a dressé un tableau alarmant des conditions des filles dans le milieu. « Les filles de Kalehe/Bunyakiri continuent de subir des violences, des viols, des discriminations et un manque cruel d’accès à l’information sur leur santé reproductive. Cela entraîne des mariages précoces, des grossesses non désirées et une hausse des IST », a-t-elle déclaré, sous les applaudissements nourris de l’auditoire.
Elle a également pointé du doigt le manque d’interventions humanitaires spécifiques sur les questions de santé sexuelle et reproductive des adolescents dans la zone de santé de Bunyakiri.
« Nos droits à l’information, à la santé, à la paix et à un environnement sans violence ne peuvent plus attendre », a-t-elle insisté.
La jeune fille a également présenté les activités et projets portés par le club des filles reporters, tout en soulignant les difficultés liées au manque de soutien, de matériels et de reconnaissance.
Autre moment fort, la distribution des kits hygiéniques à toutes les participantes. Chaque fille a reçu un kit composé de savons de toilette, de 3 serviettes hygiéniques lavables fabriquées par les filles reporters elles-mêmes dans leur atelier, et d’un slip. Une initiative saluée par les invités comme un acte concret d’autonomisation et de solidarité féminine.
Présent à cette célébration, l’administrateur du territoire de Kalehe, Maître Thomas Zirimwabagabo Bakangenga, a salué la mobilisation des filles et s’est engagé à soutenir leurs initiatives. « Je promets d’orienter les partenaires vers les actions des filles reporters. Leur engagement mérite notre appui total. Les autorités coutumières, les humanitaires et les leaders locaux doivent se mobiliser pour les accompagner», a-t-il souligné dans son discours.

l’administrateur du territoire de Kalehe avec le club de filles reporters
De son côté, Simon Weteshi Mihona, responsable du club, a rappelé que « protéger la fille, c’est construire demain. Elle a droit à la santé, à la considération et à la sécurité. Il est temps que les humanitaires intègrent la santé reproductive dans leurs interventions à Bunyak à Bunyakiri ».
La journée a été clôturée dans une ambiance festive mais engagée, marquée par des prestations culturelles, des poèmes porteurs d’espoir, et des messages appelant à la paix, à l’égalité et à l’autonomisation. Les participantes, tout comme les invités, ont salué une journée de prise de conscience et de plaidoyer fort, pour que la voix de la fille ne soit plus ignorée à Bunyakiri. « Nous ne voulons pas juste être célébrées une fois par an. Nous voulons être écoutées, respectées et soutenues chaque jour », a conclu une jeune participante.
Anne-Marie Bisimwa et Nathalie Simbeko
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